Mercredi matin, je pars vers le Collège très tôt. Habituellement, en quittant la maison vers 6h45, je suis dans mon bureau à 7h15... une demi-heure porte-à-porte.
J'arrive à ma station.
Fi-dou-da: "Une porte de train bloquée cause un ralentissement de service sur la ligne orange. Attention, ralentissement de service sur la ligne orange.""
Arrggh, great. Bon, au moins le métro n'est pas arrêté," je me dis. "
Ça va être plus long, mais au moins je vais me rendre."
J'étais à la sortie de la station du Collège à 7h50.
Je marche en vitesse vers le Collège. Comme bien des gens, je déteste être pressé. Et il faut croire que je ne suis pas le seul: les voitures sont particulièrement agressives ce matin. Ça se dépasse imprudemment et ça klaxone. Alors que j'attends le droit de passage aux piétons à l'intersection Sainte-Croix et du Collège, j'entends le crissement de pneus et un
boom à seulement quelques mètres de moi. Je sursaute.
Une jeune femme au volant vient de rentrer dans le derrière d'une voiture arrêtée à l'intersection. Celle qui vient de se faire rentrer dedans sort de la voiture pour constater les dommages. Ils sont mineurs, mais pas négligeables. Le bumper arrière est craqué. La fautive ne sort même pas de sa voiture, mais descend sa fenêtre pour parler à la victime. Les deux s'engueulent. Je n'entends pas les mots, mais le language corporel en dit long.
La sueur me perle au front. Je m'étais soigneusement déodorisé avant de partir, alors je ne pue pas... encore. Si cette chaleur continue, ça pourrait venir...
J'arrive juste à temps pour mon cours d'astronomie. Il fait chaud. Humide. Les travaux de rénovation dans le corridor sont bruyants. C'est l'enfer. Je ferme la porte, mais les travaux à l'extérieur sont tout aussi irritants. Mes étudiants sont en train de fondre sur leur chaise.
La journée passe. Je prends le métro vers 15h30. "
Ahhh, je serai chez-moi, au frais, vers 16h." Le wagon est plein. Heureusement, j'ai une place assise. Tout le monde sue, tout le monde a chaud, tout le monde a hâte de sortir du train. Métro Champs-de-Mars. Je suis presque arrivé.
Soudainement, le train freine brusquement et tous les passagers sont violemment propulsés vers l'avant du wagon. Nous sommes immobiles dans le tunnel. Que se passe-t-il?
On entend des cris à l'extérieur. Y a-t-il du monde sur les rails? Pas moyen de le savoir. On attend. Comble de malheur, les lumières du wagon s'éteignent. Les ventilos aussi. Tout le monde est silencieux.
Et c'est à ce moment que des cris continus et répétitifs à l'extérieur du train nous glacent le sang. Notre train vient de frapper (ou d'écraser) quelqu'un. La température monte rapidement dans le wagon et, après quelques minutes dans le noir bouillant, des agents de sécurité font évacuer le train.
La station Berri est pleine à craquer. Mais la ligne orange ne bougera pas de sitôt.
Est-ce la chaleur qui rend les gens fous?
Je rentre chez-moi et organise une pratique générale de la danse de la pluie.