Je vous invite à visiter mon nouveau blog, The Lost Neutrino. Merci pour le support que vous m'avez offert pendant ces cinq années de l'Univers en orbite.

jeudi 30 septembre 2010

697 000 Ans dans un Vaisseau

Et que dire de cette planète exosolaire qui se trouve à seulement 20 années-lumière? (lien vers l'article en Anglais, en Français)

Habitable? Peut-être. Atteignable? Yish, c'est une autre histoire. L'engin de construction humaine le plus rapide jamais lancé est la sonde New Horizons. Elle la fait le voyage Terre/Lune en 9 heures... C'est 43 000 km/h. Imaginons que nous puissions construire un vaisseau spatial habité capable d'aller à cette vitesse (et la maintenir!) vers cette nouvelle planète.

Nous pourrions alors l'atteindre... dans 697 000 ans.

Pas 600 ans. Pas 6 000 ans. Non. 697 000 ans.

Solution? Sans un vaisseau capable de voyayer à des vitesses relativistes, oubliez ça.

Pour voyager à des vitesses relativistes (une fraction appréciable de la vitesse de la lumière), il faut de l'énergie, du carburant.

Le nucléaire serait le seul moyen.

Quoi faire d'autre que penser à de tels voyages quand on est enrhumé et cloué à la maison devant une game plate de présaison?

mardi 28 septembre 2010

Petit Nuage Gris (Malgré la Victoire)

Je marchais dans la pluie, rue Mont-Royal. Je ne croyais pas avoir besoin d'un manteau lors de mon départ. Je commençais à sérieusement regretter ce choix.

Métro Bonaventure. Il y a du monde partout. Plusieurs dans la foule portent fièrement le bleu, blanc, rouge. Pas moi. C'est la présaison. Pas question.

Pourquoi les corridors de cette station sentent toujours la pisse? À chaque virage, c'est de pire en pire. Dégueulasse.

Je sors dehors. Il pleut toujours. Il y a beaucoup d'enfants. J'imagine que les billets sont moins chers pendant la présaison. Mais ils sont chers quand même. C'est probablement parce que cette merveilleuse et glorieuse franchise qui s'appelle les Panthers de la Floride était en ville.

Quelle franchise pathétique. Déménagez-les à Québec au plus sacrant. Au lieu d'être pourris en Floride devant 6000 fans à chaque match, ils pourraient être pourris devant 15 000.

Les bons ont gagné. Les gens criaient "Carey, Carey!!" Certains ont osé chanté Na-na-na-hey-hey goodbye. En présaison?!? Honteux.

Je suis rentré sous la pluie.

Aujourd'hui, la gorge me pique. Ça m'apprendra.

lundi 27 septembre 2010

J'aurais Pu, Mais J'ai Choisi le Long Chemin

C'est mon troisième automne dans mon nouveau chez-moi. (Ça fait peut-être trois ans que je suis déménagé, mais c'est encore mon "nouveau chez-moi".) À chaque année, je regarde notre petite montagne jaunir et rougir à la fin septembre. Les dix premiers jours d'octobre sont les plus colorés, puis tout devient gris rapidement.

Sur ma terrasse arrière, les arbres ont déjà commencé à perdre leurs feuilles. Les oiseaux chantent et dansent, peut-être pour s'assurer que la douce moitié de chacun restera fidèle quand viendra l'hiver? Ou peut-être cherchent-ils une nouvelle maîtresse/un nouvel amant?

Le weekend dernier, des canards en route vers des cieux plus tropicaux m'ont réveillé. Couac, couac, couac... viens ma chérie, la Floride nous attend. C'est drôle, j'ai dit la même chose à ma douce.

En attendant, nous voici presqu'à la mi-session. Ah, les jours sont longs, mais la session est courte.

Les longues nuits froides d'hiver arriveront bientôt. Il sera temps pour moi de recommencer à rédiger. L'éditeur attend une "première version finale" dès le printemps. Il y a aussi ce nouveau cours d'astrophysique à l'hiver... Comment ai-je me mettre dans un tel pétrin?

J'aurais pu faire comme bien des profs. J'aurais pu monter des cours faciles, qui ne font que suivre le manuel que tout le monde utilise. Redonner toujours les mêmes cours plates à chaque année. Ne pas s'en faire parce que, de toute façon, les cours de physique sont obligatoires à l'obtention du DEC en sciences pures. Répéter comme un robot les mêmes présentations, les mêmes exercices, les mêmes devoirs et examens... jusqu'à la retraite.

J'aurais pu. Mais j'ai choisi le long chemin.

Je n'ai pas de statistiques devant moi, mais je sais que bien des profs se contentent de ça. Quand j'étais au collégial, combien de profs m'ont vraiment marqué? Deux? Trois? Pas plus.

C'est la même chose pour bien des professions.

La curiosité et l'incuriosité. C'est bien étrange que deux épithètes diamétralement opposées soit toutes deux si contagieuses.

L'une me réjouit, l'autre... ça dépend des jours. Elle peut me rendre bleu de tristesse ou rouge de colère. La longueur d'onde varie selon le mood.

Il faut vraiment que je retourne au travail. Le Powerpoint de demain n'est pas encore 100% prêt.

vendredi 24 septembre 2010

Comptage de Moutons Post Meridiem

Je me suis assoupi dans le métro en rentrant du travail... J'ai eu une semaine chargée. En arrivant chez-moi, je me suis étendu sur mon lit, habillé, par dessus les couvertes.

Quand je me suis réveillé, le ciel était presque tout sombre. Mon cadran indiquait 7:00. Il faut que je prenne ma douche, ai-je pensé pour un moment.

Euh... où suis-je? Chez-moi. Quand suis-je? Euh...

Quel bonheur de se réveiller en début de soirée et de réaliser que c'est bel et bien le début de soirée.

La semaine prochaine en sera une grosse: force centripète en physique I; la Terre, la Lune et Mars en astronomie. Attachez vos tuques.

* * *

Les notes du cours d'astronomie ont remonté dramatiquement cette semaine. Mes étudiants de physique I ont semblé apprécié le laboratoire... Peut-être y a-t-il de l'espoir pour l'humanité après tout?

Bon weekend à tous/toutes.

(J'ai bien l'intention d'en compter beaucoup de ceux-là...)

mercredi 22 septembre 2010

La Fin de la Lune de Miel

J'ai vu des larmes hier. Des sanglots aussi. C'est inévitable. Après le premier test, the honeymoon is over.

Quelques étudiants ont été secoués par cette première évaluation. Certains croyaient qu'ils avaient assez travaillé, mais ce n'était clairement pas le cas. D'autres avaient assez mis d'efforts - mais ils se sont plantés quand même.

Que faire maintenant?

C'est là qu'on voit qui sont ceux qui ont du caractère.

Au dernier cours, alors que je faisais mon "speech d'après test", certains étudiants (ils/elles se connaissent) roulaient les yeux vers le ciel.

Genre, style... pffff, whatever, loser.

Je les vois, mais je m'en fous, parce que j'ai raison. Un point c'est tout.

Lors du tout premier cours de l'automne, j'ai dit à mes deux groupes de physique I que j'allais les faire travailler comme ils n'ont jamais travaillé dans leur vie... peut-être m'ont-ils sous-estimés?

On verra bien, au cours des prochaines semaines, ceux qui ont du caractère et ceux qui vont baisser les bras.

Sur ce, rions un peu.

lundi 20 septembre 2010

Je Coeur les Lundis

...surtout quand je peux terminer ma préparation de la semaine en pyjama, quand je peux faire une sieste en après-midi, quand je ne commence qu'à midi le lendemain.

J'ai vu ce clip à la télé hier soir et je ris encore quand je le regarde:

dimanche 19 septembre 2010

La Glace est Brisée

J'ai brisé la glace ce weekend en corrigeant le premier examen de la session (officiellement, c'était un "mini-test"). Les résultats parlent d'eux-mêmes. Voici la distribution:

(La grande colonne est la somme des petites colonnes... les deux petites colonnes représentent le résultat de mes deux groupes.)

Il y plusieurs leçons que je tire de ces résultats. Considérant que les quatre premières semaines de cours portaient sur du matériel que les étudiants ont déjà couvert lors de leur secondaire (ou du moins, ils étaient supposés de l'avoir couvert...), ceci m'indique que quelques étudiants ont soit 1) tout oublié; ou 2) glissé dans les craques du système et n'auraient jamais dû réussir le cours de physique du secondaire 5.

Mais qu'importe. Ces étudiants qui ont échoué avec autant de panache sont au collégial maintenant. Ils sont dans ma classe. Ça ne sert à rien de revenir en arrière.

Mais ils/elles devront redoubler d'effort parce que le cours ne ralentira pas...

* * *

Jason fait son retour dans les aventures du Prof PeeJay...

vendredi 17 septembre 2010

Premier Test: Courbe de Chameau

Hier et aujourd'hui, mes étudiants de physique mécanique (dont plusieurs sont à leur première session au Cégep) écrivaient leur premier test du semestre.

J'ai commencé la correction dès que l'examen s'est terminé ce matin et je viens tout juste de terminer la pile de mon premier groupe.

Je ne sais pas trop quoi penser. Ma courbe est un chameau à deux bosses. En séparant les notes de ces 29 étudiants en tranche de 10% (la dernière tranche comprend toutes les notes sous 50%), voici ce que ça donne:


Il y a même quelques étudiants qui ont obtenu la note parfaite de 100%! Mais d'autres se sont royalement plantés. Ma classe est complètement polarisée. La moyenne est de 65%.

C'est un scénario très difficile pour un prof. Je ne peux pas vraiment ralentir le rythme, mais je ne peux pas vraiment l'accélérer non plus...

Heureusement pour certains, ce mini-test ne valait que 10% de la session.

Je vais corriger le deuxième groupe demain.

mercredi 15 septembre 2010

Voici (un Petit Exemple) Pourquoi le Ciel me Fascine et les Humains m'Irritent

Voici un court segment d'un article trouvé sur Cyberpresse:

"S'il n'y a pas de sombre complot pour écarter les joueurs francophones, le Club de hockey Canadien est bel et bien devenu un outil de promotion du fédéralisme, pense la chef péquiste Pauline Marois... Avec à peine quelques joueurs francophones marginaux, le Canadien «sert davantage au fédéralisme que, à mon point de vue, à la défense de nos intérêts et entre autres, de notre réalité de francophones d'Amérique»" (lien vers l'article)

Et en voici un autre:

"Le satellite européen Planck vient de découvrir un superamas de galaxies, une des plus grandes structures connues de l'univers, grâce à son empreinte sur le rayonnement fossile, vestige de la première lumière échappée dans l'univers 380 000 ans après le Big Bang." (lien vers l'article)

Contraste, eh? La politique a cessé de m'intéresser le jour où j'ai découvert que les meilleurs éléments de notre société y étaient exclus. C'est peut-être dommage, mais c'est sûrement inévitable.

L'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence, mais si aucune civilisation extraterrestre nous a visités à ce jour, c'est peut-être parce qu'elles nous évitent.

Qui peut les blâmer?

En attendant que votre cerveau reprenne ses esprits, admirez cette image animée de l'ouragan Igor qui survole présentement l'Océan Atlantique:

mardi 14 septembre 2010

Pas de Catastrophe, M. De MesMaeker

Mon meeting avec Monsieur De MesMaeker s'est déroulé à merveille. Il n'y a pas eu d'attaque aérienne de la mouette rieuse...


... ni de scratchage de fesse du chat dingue...

Non, rien de tout ça. Nous avons une entente non écrite pour l'instant, mais c'est tout à mon avantage. J'ai la liberté de choisir mes deadlines. Il a semblé impressionné par ce que j'ai réussi à accomplir au cours de l'été.

Et hier soir, j'ai retrouvé mes albums de Gaston Lagaffe.

* * *

Le mini-test de physique s'en vient. Je l'ai écrit samedi, révisé dimanche et envoyé à l'imprimerie lundi. Il devrait être dans mon casier plus tard aujourd'hui. Il y a six problèmes. L'examen durera deux heures.

Aujourd'hui, nous allons reviser le matériel.

* * *

Ce soir, je retourne à ma lecture de Gaston. Que fera-t-il avec Jules-De-Chez-Smith-En-Face et Bertrand Labévue?

J'en profite, parce que les nouveaux livres de physique que j'ai commandés de Amazon.ca devraient arriver par la poste aujourd'hui...

Oh, et une dernière chose: Marlène is back!

lundi 13 septembre 2010

Des Contrats pour De Mesmaeker

La première évaluation de physique mécanique aura lieu cette semaine. Très peu d'étudiants m'ont demandé de l'aide jusqu'à maintenant. Je m'attends à quelques doses de panique quand s'écouleront les dernières heures avant l'examen...

* * *

J'ai une rencontre importante demain. Je vais discuter de contrat avec un éditeur.

J'ai beau essayer, à chaque fois que je dis, écris ou pense au mot "contrat", l'image de Monsieur de De Mesmaeker...

Je me souviens quand j'ai lu dans le journal que André Franquin était décédé. J'avais 17 ans et ça m'a profondément attristé. J'ai grandi avec Gaston Lagaffe, Prunelle, Lebrac la mouette rieuse et le chat dingue.

En écrivant ce texte, j'ai décidé d'aller fouiller dans ma collection de bandes dessinées - une boîte en carton qui m'a suivi partout depuis que je suis parti de chez mes parents, mais que j'ai rarement ouverte.

Dans la boîte? Une vintaine d'albums d'Astérix, quelques Garfield, deux Benoît Brisefer. Je cherche au fond et qu'est-ce que je trouve? Spirou et Fantasio.

Gaston Lagaffe n'est pas au rendez-vous. Je vais chercher davantage. Si je ne trouve pas, il faudra que je téléphone ma mère. Elle sait toujours où se trouvent mes trucs. Peut-être que mes albums de Gaston sont restés chez mes parents après tout...

vendredi 10 septembre 2010

Un Cyclone entre H et OH

J'en ai assez d'entendre parler de la réforme. Cet automne, une cinquantaine de mes étudiants ont supposément été 'réformés' par le renouveau pédagogique du ministère de l'éducation.

Et?

Après un mois, malgré tout ce qui a été écrit/publié/décrié à ce sujet, je ne vois pas de différence. Mes étudiants sont encore curieux et apathiques, intéressés et indifférents, travaillants et paresseux. Ils s'envoient encore des textos en classe (en pensant que je ne les vois pas...). Ils hésitent encore à poser des questions de peur d'avoir l'air perdus. Ils demandent donc à leurs voisins et voisines jusqu'à ce que j'intervienne.

Sauf peut-être pour de minuscules détails, rien n'a changé. Les bureaucrates qui ont assemblé la réforme scolaire se flattent dans le sens du poil s'ils pensent qu'ils ont engendré une "révolution".

Une tempête dans un verre d'eau? Pfff... disons un cyclone dans un lien ionique OH.

Ceci étant dit, le premier mini-test du cours de physique mécanique aura lieu la semaine prochaine. On verra ce ça donne.

mercredi 8 septembre 2010

Premier Ouch

J'ai corrigé le premier quiz d'astronomie avant de quitter le travail aujourd'hui. Plus de 90 copies...

Et les résultats sont pitoyables.

Je crois que plusieurs n'ont pas réalisé qu'ils devaient faire leur lecture avant une évaluation appelée Quiz de lecture.

Mais je ne m'en fais pas trop. Le premier quiz est toujours le plus faible. Les notes finissent toujours par remonter au cours de la session.

mardi 7 septembre 2010

La Hockey et ma N64

Parfois j'oublie que mes étudiants sortent du secondaire. Je ne réalise peut-être pas qu'ils restent généralement au même niveau pendant que moi, j'apprends de plus en plus comment enseigner la physique.

Entre mes deux cours aujourd'hui, j'ai pris une courte pause dans mon bureau. Ma bibliothèque étant dans mon champ de vision, j'ai réalisé à quel point j'avais lu sur la science depuis que je suis prof. Ma vision des sciences de la nature et de la méthode scientifique a complètement changé depuis les dernières années.

Quand j'avais 18 ans, je ne pensais qu'à faire le party et rencontrer des filles. Ok, j'exagère un peu, mais rien ne me fascinait vraiment sauf le hockey et ma console de N64.

Depuis, j'ai découvert un monde qui me paraît beaucoup moins futile. Quand j'apprends, j'ai l'impression de ne pas perdre mon temps. Ah, ce temps qui file sans cesse...

Je suis en train de construire un nouveau cours. C'est tout qu'un défi. Je ne réalisais pas à quel point ça allait me faire du travail supplémentaire. Mais j'aime le challenge.

J'ai terminé un autre bouquin qui me servira cet hiver quand je donnerai le tout nouveau cours d'astrophysique. J'en commence un autre demain matin dans le métro.

dimanche 5 septembre 2010

Y Avait-il un Pot d'Or à la Place-des-Arts?

En fin d'après-midi, une fin pluie s'est mise à tomber. L'air est devenu glacial. À l'horizon, le soleil était en train de se coucher.

En allant sur ma terrasse, voici ce que je vois:

Ja lâche un cri de surprise. Magnifique. Elle semble commencer à la Place-des-Arts.

Je profite du long weekend.

samedi 4 septembre 2010

Qu'Arrive l'Automne

La semaine s'est terminée en douceur, malgré qu'un vacarme insupportable au deuxième étage du pavillon C ait forcé un changement de local pour mon cours du vendredi matin. J'ai hâte que ces rénovations soient terminées. Ce n'est pas seulement le bruit, mais toute la poussière dans les corridors.

J'ai hâte de retrouver mon Cégep.

La deuxième semaine est donc terminée - il n'en reste que treize. Ce weekend, je vais continuer de refaire mes présentations PowerPoint d'astronomie et de préparer mes notes de cours de physique mécanique.

* * *

Je me suis remis de mes émotions de plutôt cette semaine, quand je suis resté pris dans le tunnel menant à la station Berri-UQÀM avec environ 1000 autres concitoyens. Les cris à glacer la sang sont restés coincés dans ma tête pendant plusieurs heures, mais se sont heureusement dissipés. Je crois que plus je vieillis, plus je suis capable de mettre ce genre d'histoires derrière moi.

Peut-être deviens-je plus cynique avec le temps: des aventures qui m'auraient profondément marqué il y a à peine dix ans semblent m'indifférer de plus en plus.

Peut-être n'est-ce pas de l'indifférence, mais une réalisation que nous ne sommes ici que pour un temps? À 20 ans, je n'avais pas de projets, juste des idées dispersées ici et là. Aujourd'hui, je sais de plus en plus ce que je veux faire de ma vie. Je ne peux pas laisser des évènements - qui sont hors de mon contrôle de toute façon - dérailler mes "plans".

Hier soir, en regardant Jupiter briller comme un bijou dans le ciel, j'ai pris quelques profondes respirations. Alors que je contemplais le Mont-Royal, les lumières du Parc Jeanne-Mance se sont éteintes. Le vent était frais et ma rue silencieuse. Enfin. La canicule est terminée.

J'ai de la chance de pouvoir vivre ainsi. Beaucoup de chance. Je ne le prends guère pour acquis.

jeudi 2 septembre 2010

La Danse de la Pluie

Mercredi matin, je pars vers le Collège très tôt. Habituellement, en quittant la maison vers 6h45, je suis dans mon bureau à 7h15... une demi-heure porte-à-porte.

J'arrive à ma station. Fi-dou-da: "Une porte de train bloquée cause un ralentissement de service sur la ligne orange. Attention, ralentissement de service sur la ligne orange."

"Arrggh, great. Bon, au moins le métro n'est pas arrêté," je me dis. "Ça va être plus long, mais au moins je vais me rendre."

J'étais à la sortie de la station du Collège à 7h50.

Je marche en vitesse vers le Collège. Comme bien des gens, je déteste être pressé. Et il faut croire que je ne suis pas le seul: les voitures sont particulièrement agressives ce matin. Ça se dépasse imprudemment et ça klaxone. Alors que j'attends le droit de passage aux piétons à l'intersection Sainte-Croix et du Collège, j'entends le crissement de pneus et un boom à seulement quelques mètres de moi. Je sursaute.

Une jeune femme au volant vient de rentrer dans le derrière d'une voiture arrêtée à l'intersection. Celle qui vient de se faire rentrer dedans sort de la voiture pour constater les dommages. Ils sont mineurs, mais pas négligeables. Le bumper arrière est craqué. La fautive ne sort même pas de sa voiture, mais descend sa fenêtre pour parler à la victime. Les deux s'engueulent. Je n'entends pas les mots, mais le language corporel en dit long.

La sueur me perle au front. Je m'étais soigneusement déodorisé avant de partir, alors je ne pue pas... encore. Si cette chaleur continue, ça pourrait venir...

J'arrive juste à temps pour mon cours d'astronomie. Il fait chaud. Humide. Les travaux de rénovation dans le corridor sont bruyants. C'est l'enfer. Je ferme la porte, mais les travaux à l'extérieur sont tout aussi irritants. Mes étudiants sont en train de fondre sur leur chaise.

La journée passe. Je prends le métro vers 15h30. "Ahhh, je serai chez-moi, au frais, vers 16h." Le wagon est plein. Heureusement, j'ai une place assise. Tout le monde sue, tout le monde a chaud, tout le monde a hâte de sortir du train. Métro Champs-de-Mars. Je suis presque arrivé.

Soudainement, le train freine brusquement et tous les passagers sont violemment propulsés vers l'avant du wagon. Nous sommes immobiles dans le tunnel. Que se passe-t-il?

On entend des cris à l'extérieur. Y a-t-il du monde sur les rails? Pas moyen de le savoir. On attend. Comble de malheur, les lumières du wagon s'éteignent. Les ventilos aussi. Tout le monde est silencieux.

Et c'est à ce moment que des cris continus et répétitifs à l'extérieur du train nous glacent le sang. Notre train vient de frapper (ou d'écraser) quelqu'un. La température monte rapidement dans le wagon et, après quelques minutes dans le noir bouillant, des agents de sécurité font évacuer le train.

La station Berri est pleine à craquer. Mais la ligne orange ne bougera pas de sitôt.

Est-ce la chaleur qui rend les gens fous?

Je rentre chez-moi et organise une pratique générale de la danse de la pluie.

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