Je vous invite à visiter mon nouveau blog, The Lost Neutrino. Merci pour le support que vous m'avez offert pendant ces cinq années de l'Univers en orbite.
J'ai corrigé comme une machine hier, jusqu'à tard en soirée. Je savais que je voulais avoir terminé pour regarder le match l'esprit tranquille aujourd'hui.
Je dirai plus de commentaires sur ma correction demain. J'aimerais parler un peu de hockey. Juste un peu.
Quel match c'était, cette finale. Sidney Crosby, qui n'avait pas eu un très bon tournoi olympique, a joué les héros en prolongation. Yé. J'ai même lâché un petit cris lorsqu'il a marqué...
Ça va être difficile de retourner au jeu du Canadien de Montréal. C'est la date limite des échanges cette semaine. Le Céhache joue à Boston mercredi. *Soupir*... Who cares?
Après deux semaines de hockey olympique, retourner à la ligue nationale, c'est comme passer de la Ben & Jerry's triple fudge chocolaté à une vulgaire barre Crunchie laissée au soleil pendant deux semaines.
Heureusement, maintenant que les olympiques sont passés, cette overdose de patriotisme que nous connaissons depuis deux ans va pouvoir doucement s'estomper. Après tout, trop c'est comme pas assez.
Ce matin, je m'installe pour un marathon. La seule question qui me hante est la suivante: par quoi devrais-je commencer?
D'un côté, il y a le laboratoire; de l'autre, l'examen. Je crois que mes étudiants ont plus hâte de voir leur résultat d'examen que celui du labo. En plus, il est beaucoup plus facile et agréable de corriger des exercices que de lire des analyses. Donc, d'après ces arguments, je devrais mettre la pile d'examen dans le classeur 'prioritaire'.
Cependant, mes étudiants de physique III doivent se rendre au laboratoire pour leur troisième expérience de la session la semaine prochaine. Peut-être aimeraient-ils avoir leur rapport de labo corrigé avant la relâche?
Ou peut-être devrais-je cesser de me questionner (et de procrastiner) sur ce blog et m'y mettre?
J'ai aussi une rencontre avec un éditeur plus tard cette semaine. Je ne peux pas me permettre de ne pas être préparé.
Heureusement que le hockey Olympique se termine ce weekend. Le hockey plate et morose de la LNH va pouvoir reprendre...
Je regarde la pile d'examens de physique III. Elle mesure 13 centimètres de hauteur. Et oui, je viens de la mesurer.
Je n'ai pas encore commencé la correction. En fait, je n'ai même pas regardé l'intérieur d'une seule copie. Je pensais m'y mettre aujourd'hui, mais j'ai été occupé autrement. Je crois que ça devra attendre au weekend.
Mon vendredi est complètement chargé. Vendredi soir, c'est la demi-finale du hockey olympique. Alors ce samedi?
Pas le choix. De toute façon, c'est certain que ça va me prendre plus qu'une journée. J'ai aussi une pile de labos qui m'attend.
Dans moins de trois heures, j'aurai une pile de quiz d'astronomie... Les quiz se corrigent quand même assez rapidement, mais comme il y en a cinquante......
Arrgh!
Je devrais commencer au lieu d'écrire ce blog.
Comme je n'aurais pas dû regarder le match Finlande-République Tchèque jusqu'à la fin hier... Maudit décalage horaire.
C't'idée aussi d'avoir fondé Vancouver de l'autre côté des Rocheuses!!
"Moé, j'vous dit, le Canadââ va parde contre les Russes. Y leur arrivent pas à ch'ville, sti."
Le vieux monsieur parlait fort et commençait à sérieusement m'énerver. Je sais que, dans les vestiaires de joueurs, le language est généralement plus profane que saint. Mais il y a toujours des limites.
Je joue au hockey dans un gymnase avec des amis quelques fois par semaine. De l'autre côté du gym jouent un gang de pépères. Comme les matches se terminent en même temps, ils sont toujours présents dans le vestaire en même temps que nous.
J'essaie de prendre ma douche en paix, mais tout ce que j'entends, c'est des sacres gratuits, des âneries de colons et des jokes racistes. Dignes de CHOI Radio-X.
"Crossebby, y vaut pas d'la marde, cr*sse."
Je sais que les vestiaires sont faits pour se changer et se doucher, mais généralement, je préfère quand même me garder une p'tite gêne. J'apporte ma servitte avec moi dans les douches. Je me couvre un fois terminé.
Mais ces monsieurs bedonnants et moustachus se promènent partout en se branlant la graine comme des singes en rut.
Je me change, ramasse mon équipement et tout ce que je vois et j'entends me répugne. Avez-vous déjà vu l'épisode des Simpsons où on voit Mister Burns à poil? Pas une jolie scène.
"Tu vas vouère demain, viarge. Les Canayens vont en manger une tabarn*k. Les Russes vont leur en cr*sser une."
J'essaie de garder les images mentales hors de ma tête, mais, en regardant le match ce soir, j'ai eu une petite pensée pour eux.
J'ai profité des six heures d'examen aujourd'hui pour avancer ma correction. Avant de partir du bureau cet après-midi, j'ai terminé la correction des soixante-dix copies du devoir de physique III.
Je n'en pouvais plus. Mais heureusement, c'est fini. C'est la première fois que j'ai autant d'étudiants de sciences de la nature dans une même session. Je n'avais pas réalisé à quel point la correction des devoirs serait longue et pénible. Je vais devoir ajuster le tir.
Maintenant, j'ai soixante-dix copies d'examen qui m'attendent sur mon bureau...
Je vais m'y mettre jeudi. D'ici là, j'ai beaucoup de trucs à préparer avant mes cours de jeudi et vendredi.
Et dire que la relâche s'en vient! Le temps passe trop vite.
Demain, je reste à la maison. Je vais travailler dans le doux confort de mon chez-moi, en pyjama, avec un bon café latté. Je vais probablement faire une petite sieste en après-midi.
J'ai vécu quelque chose de professionnellement frustrant aujourd'hui. Du moment où j'ai mis les pieds au Collège ce matin, il y a eu une file d'étudiants devant mon bureau. J'essayais de répondre à leurs questions de mieux que je pouvais, mais, un peu avant midi, j'ai frappé un mur.
Quelques étudiants sont venus me poser une question sur un problème du manuel... et j'avais beau le lire et le relire, je n'avais aucune idée comment le résoudre.
J'essayais de penser, mais il y avait quatre étudiants dans mon bureau et je n'arrivais pas à me concentrer. Après un moment, je leur ai dit que j'y penserais...
Très, très frustrant.
Quand ils sont partis, j'ai fermé la porte de mon bureau. J'ai pris le temps de diner, seul et en silence. Je me faisais une liste de mes trucs à finir pour la semaine: correction du labo de physique II; correction du devoir de physique III; correction du labo de physique III; préparation du cours de vendredi; préparation du quiz de jeudi en astronomie.
J'essayais de conjuguer ce que je dois faire à court terme et à long terme. Pas facile. J'étais en train de préparer le prochain laboratoire de physique III quand...
Soudainement, un éclair.
À peine dix minutes après qu'ils soient partis, j'ai résolu ce foutu problème.
Le pays ne s'en remettra pas de sitôt. D'un océan à l'autre, des Prairies jusqu'au grand Nord, c'est la consternation ce soir. Les Canadiens vont commencer à se poser de sérieuses questions sur qui et quoi ils sont.
Peut-être que notre système de santé public n'est si équitable. Peut-être que notre forme de gouvernement 'monarcho-démocratique'* serait à revoir. Ou est-ce la grandissante décentralisation du pouvoir aux mains des provinces qui se continue depuis un demi-siècle? Comment expliquer que notre pays soit devenu un lamentable échec?
Cette nuit, des millions de Canadiens remettrons leur foi en leur patrie en question. Cette crise d'identité nationale ne pourra être apaisée par des publicités de bière à la fois sexistes et patriotiques. Non.
Nous entrons dans une période sombre de notre histoire. Pour la première fois depuis millénaires, c'est-à-dire 1960, le Canada a perdu un match de hockey contre les États-Unis.
C'est fou l'effet qu'a le hockey sur notre société.
Mes parents tentent l'expérience d'être des Snowbirds cet hiver. Ils sont partis en décembre pour la Floride et ne reviennent qu'à la fin mars.
Avant de partir, ils avaient confié leur merveilleuse chatte Lilly à ma soeur qui habite la Rive-Sud de Montréal.
Lilly fut un cadeau pour ma mère de la part de ma soeur et moi il y a six ans déjà. En 2003, le chat avec qui j'ai grandi (son nom était Bizou) est mort à l'âge de 16 ans. La perte de Bizou était certes attendue, mais ça fait toujours mal de perdre un membre de la famille - même s'il faisait partie du règne animal.
Ma mère disait qu'elle ne voulait plus avoir de chat. Ma soeur et moi avons décidé autrement. À l'anniversaire de ma mère l'année suivante, nous avons offert un bébé chat à ma mère. Elle était en larme.
Depuis, Lilly est devenue tout ce que l'on peut rêver d'un chat: gentille, sociale, cute et joueuse.
Elle est belle comme un bibelot. La voici:
Depuis qu'elle habite chez ma soeur, Lilly est devenue sauvage. Elle pisse partout. Elle se cache. Elle grogne. Elle refuse de s'adapter à son nouvel environnement.
Aujourd'hui, je la retourne à la maison, où elle va rester en attendant le retour de mes parents.
Aujourd'hui, je suis le chauffeur de sa Majestée Lilly 1ère.
C'est jeudi matin, il est 8h30 et je viens de me lever. N'est-ce pas merveilleux?
Depuis le début du semestre, à tous les jeudis, je me levais pour enseigner le cours de physique II qui n'était pas à mon horaire. Maintenant que le prof que je remplaçais est de retour, mon seul cours le jeudi commence à 15h00.
Alors je me la coule douce ce matin, même si j'ai *encore* trois tonnes métriques de correction qui m'attendent impatiemment sur mon bureau.
Parlant de correction, j'ai réalisé hier que je ne serais jamais capable de corriger les soixante-dix devoirs de mes étudiants de physique III avant leur examen la semaine prochaine, alors j'ai fait un compromis: j'ai écrit le solutionnaire détaillé du devoir (il est disponible en ligne). Ça m'a pris plus d'une heure à écrire, mais c'était la moindre des choses. L'examen est mardi prochaine et je veux qu'ils soient préparés.
Je dois continuer la rédaction de mon manuel de physique. L'éditeur veut que ça avance d'ici l'été. Maintenant que je ne fais plus d'overtime, je vais pouvoir m'y remettre.
C'est demain après-midi que j'apprendrai si mon overtime au Collège se poursuivra encore une ou deux autres semaines. Le collègue que je remplace rencontre son médecin en matinée et il devrait nous donner des nouvelles par la suite.
Aujourd'hui, j'ai rencontré mes deux groupes de physique III et nous avons (presque) terminé la matière pour l'examen de la semaine prochaine. C'était des cours particulièrement plaisants - comme ils le sont régulièrement depuis le début du semestre. Nous avons parlé de l'effet Doppler, du phénomène des battements d'ondes sonores et de l'échelle des décibels. C'était des cours bien remplis et plus relax que ceux de la semaine dernière.
Je les ai 'drillés' sur la qualité des rapports de laboratoire. J'ai peut-être exagéré un peu, car la moyenne était d'environ 80%, mais quelques copies m'ont vraiment exaspéré lors de la correction et je voulais m'assurer de leur donner quelques directives pour leur prochain labo (à remettre plus tard cette semaine).
Jeudi, avec mes étudiants d'astronomie, nous allons commencer notre chapitre sur le système solaire interne, de Mercure à la ceinture d'astéroïdes.
Une autre de mes parties préférées! Il y en a tellement!
Demain, je corrige jusqu'à ce que mort s'en suive.
Merci à Pauline Marois pour ses merveilleux commentaires sur la cérémonie d'ouverture de Jeux de Vancouver. (Lien Cyberpresse)
Et je suis bien sûr sarcastique. Ce n'était pas assez que toutes les annonces de la cérémonie d'ouverture aient été bilingues et que Garou ait été invité à performer une chanson en Français peu avant que la flamme soit allumée. Non, selon elle, le Canada nous méprise.
(Réjean Tremblay raconte pas mal la même chose dans sa pauvre petite chronique. Sauf que tout le monde sait que R. Tremblay, avec ses opinions populistes à cinq sous, est un clown qui se fait passer pour un journaliste.)
Apparemment, ça ne dérange pas Mme Marois que des terres appartenant à des Premières Nations aient été ravies pour tenir les Jeux, que d'immenses sommes d'argent public aient été investies pour que Vancouver se fasse une beauté (au lieu d'utiliser cet argent pour aider les plus démunis - et à Vancouver, ils sont nombreux), mais pas assez de Français dans la cérémonie d'ouverture?
Mépris!
Jean Charest est le premier ministre du Québec aujourd'hui pas nécessairement parce que les Québécois le trouve charmant et/ou compétent... mais peut-être, juste peut-être, qu'il a gagné les trois dernières élections parce qu'il ne nous fait pas trop honte dans le reste du pays.
Juste peut-être. Ça doit faire partie ds raisons, non? Ça et le fait qu'il est complètement gris, inintéressant, terne, incolore, inodore, oubliable, insipide.
Je pourrais me tromper.
Dans l'article de La Presse, on lit que: "Pour la chef péquiste, les organisateurs olympiques ont tenté de se donner bonne conscience en permettant au chanteur populaire Garou d'offrir une prestation en français à la toute fin du spectacle."
Voyons voir si j'ai bien compris: pas de Français = on nous méprise... Une prestation 'prime time' en Français = les Anglos veulent juste se donner bonne conscience?
Logique!
Bravo et merci d'élever le niveau de la conversation.
J'ai parfois honte d'être québécois.
Je ne parle pas souvent de nos politiciens dans ce blog parce qu'ils sont généralement insignifiants, mais cette fois je ne pouvais pas me retenir.
De retour à notre programmation habituelle!
(David Scott, aux portes d'Apollo 9. Incroyable photo.)
C'est à l'âge de 30 ans, en date du 13 février 2010, que j'ai acheté ma première Barbie. Je l'ai eue en ma possession pour environ une heure avant de l'offrir à ma nièce Émilie pour son troisième anniversaire.
Et ce fut un succès retentissant.
J'étais avec ma copine dans un magasin de jouets chinois et nous avons découvert que nous avions l'embarras du choix.
Il y a la Barbie Princesse de Noël: Il y a la Barbie Sophistiquée (et plutôt sexy): Il y a même la Barbie Nascar! (Parfaite pour ceux et celles qui aimes les gros chars, les crachats, l'odeur de diesel et la bière flatte!)
Et une autre Barbie qui, pour une raison que j'ignore, orne des ailes de libellules... Il y a une première fois pour tout! J'en ai beaucoup à dire sur ce sujet, mais je vais le garder pour plus tard, car j'ai encore dix-huit tonnes de correction à faire...
Je me suis fait dire quelque chose de bizarre par une étudiante hier. J'ai d'abord trouvé ça drôle, puis ça m'a fait réfléchir.
Et j'ai finalement re-trouvé ça drôle. Un spectre complet d'émotion!
Nous sommes au labo. Les étudiants se terminent l'expérience sur les ondes statinnaires et se préparent à commencer leur weekend. (Comment mieux terminer une semaine de classe qu'au laboratoire de physique? Vraiment, ils ne réalisent pas leur chance.)
L'étudiante en question range ses livres et ses documents. Alors qu'elle se prépare à quitter pour la fin de semaine, elle me dit: "Monsieur, est-ce que vos labos vont toujours être aussi long que le dernier?"
Je la regarde avec des confu-yeux*. "Aussi long que le dernier?" Le rapport à remettre avait été tout ce qu'il y a de plus standard: intro-théorie-résultats-analyse-conclusion. Je lui demande de s'expliquer. *merci François Pérusse!
"Parce qu'au début de la session, on m'avait dit que vos labos étaient courts et simples et j'étais full contente...mais là..." elle me dit avec un sourire gêné.
Euh... pardon???
Ah ben, j'en reviens pas. Ai-je une réputation qui circule au travers des réseaux étudiants du Collège? Et une réputation de donner des labos faciles?!?
Attention étudiants de l'hiver 2010: je vais vous serrer la vis. À partir de lundi, No more Mr Nice Guy.
Prochain labo? Une dissertation de 150 pages à simple interligne sur l'optique géométrique écrite à la main. Non seulement ça, mais elle devra être écrite à la plume. Trempez vos plumes dans votre petit pot d'encre. Liquid Paper interdit.
Vous aurez 48 heures pour l'écrire. Les copies remises en retard seront pénalisés de 50% par microseconde.
Non, mais.
Merci à cette étudiante. Grâce à elle, je vais me transformer en Professor Severus Snape* (ci-dessous). * Je crois qu'il s'agit de ma première référence à Harry Potter, mais je pourrais me tromper.
J'ai donné mon premier examen de la session ce matin... et ce n'était même pas dans un de mes cours régulier, mais celui pour lequel je fais de l'overtime depuis quatre semaines. Quatre semaines et hop, un examen!
(Je vais profiter du fait que les Olympiques commencent ce weekend pour le corriger. Ai-je déjà écrit à quel point j'en ai plein le **** des Olympiques? Pour les deux prochaines semaines, ma télé restera éteinte. Le Patriotisme me rend malade, surtout quand il est enrobé de McDo, de Coca-Cola, de Gatorade et de Doritos. Tous des aliments que les athlètes consomment régulièrement, bien sûr!)
Booooooom!
Bon, mon sarcasmomètre vient d'éclater... une chance que j'ai une garantie à vie.
La semaine prochaine, ces étudiants de physique E&M retrouveront leur professeur. Mon remplacement sera terminé. Ils ont été drôlement sympatiques et j'aurais aimé les connaître davantage, mais je suis quand même soulagé que ça soit terminé. Mon horaire était déjà très chargé.
D'ailleurs, il y a une belle pile de rapport de laboratoire sur mon bureau... et je ne sais pas trop quoi faire.
Je crois que j'aimerais mieux m'arracher les poils du visage un à un plutôt que de commencer la correction. Sauf que ça ne mènerait à rien: deux heures plus tard, je serais imberbe, j'aurais plein de picots rouge dans le visage et j'aurais encore une grosse pile de correction devant moi.
Sans compter la douleur.
Ok, ok, je vais agir en adulte responsable et commencer... éventuellement.
* * *
Pour revenir surle sujet des Olympiques un petit instant, je... oh, et pis non. Ça ne vaut même pas la peine. J'en ai rien à cirer.
Je retourne chez-moi après une journée bien complète au travail. En fait, en quittant mon bureau, j'ai compté que j'avais passé les dernières onzes heures au Collège. C'est quand même beaucoup.
Je suis fatigué et je rêve d'aller m'écraser sur mon divan, de regarder les Daily Show with Jon Stewart que j'ai enregistrés au cours de la dernière semaine. Mes mardis sont bien remplis: deux cours de trois heures et une heure de disponibilité. Aujourd'hui, j'ai abordé la physique de la musique avec mes étudiants de physique III. J'ai même eu droit à un mini-concert de haut-bois, saxophone et flûte traversière. C'était très, très cool.
J'écoute mes chansons rétro en marchant sur la rue du Collège, vers le métro. La soirée est déjà sombre, mais le soleil se couche de plus en plus tard. J'entends Earth Angel de Buddy Holly dans mes écouteurs. Comment oublier la scène de Back to the Future avec les parents de Marty McFly qui s'embrassent à la fin?
Le métro arrive. Je regarde ma montre. Il sera passé 19h quand je serai enfin chez-moi. Quelle journée.
Je m'assieds et ferme les yeux. Je n'ai toujours pas écrit l'examen des étudiants d'électricité et magnétisme. Ce sera la première chose sur ma liste demain matin.
J'ouvre les yeux. Une vieille femme vient de s'asseoir devant moi. Ses cheveux sont blancs et son visage est ridé. Elle tient une canne à la main. Ses yeux sont tristes.
De quoi est-ce j'aurai l'air à son âge? Tant qu'on a la santé, on peut tout espérer.
Je lève les yeux à nouveau. Elle regarde dans le vide et cache sa bouche avec sa main. Soudainement, elle ferme les yeux et de chaudes larmes roulent sur ses joues. Elle regarde par la fenêtre et sanglote en silence. Elle essaie de rester discrète dans sa peine, mais je suis là, à moins de deux mètres d'elle et je ne sais pas quoi faire.
Station Saint-Henri. Elle renifle, ferme les yeux et se parle en silence. Je crois qu'elle dit une prière.
Station Lucien-L'Allier. Habituellement, je suis capable de me perdre dans ma lecture lors de mes voyages en métro. La foule ne me dérange pas. Mais pas cette fois. Je suis incapable de regarder ailleurs.
Soudainement, je me penche vers elle et lui tends un mouchoir. Elle le prend et tente un sourire, mais elle est inconsolable.
Je lui demande si elle a besoin d'aide. Après un moment, elle me dit que non. "Mon époux est allé rejoindre Jésus aujourd'hui. Et il me manque déjà."
J'hoche la tête et lui offre mes sympathies.
Avant de quitter le train, elle me donne une petite carte avec un portrait de Jésus. "Savourez chaque seconde de votre vie, cher messieur. Et dites à ceux que vous aimez que vous les aimez. On ne sait jamais quand ils vont partir."
Elle me sert la main, sort du train et se perd dans la foule de la station Berri-UQÀM.
Je ne suis pas croyant, mais ce soir, je comprends pourquoi bien des gens le sont.
Depuis le début de la session, deux collègues du département et moi travaillons en temps supplémentaire afin de combler la tâche de travail d'un autre collègue qui a dû prendre un arrêt de travail complet à cause d'une blessure. Ce remplacement ne devait durer que quatre semaines.
Ce qui veut dire qu'en plus de ma session déjà assez chargée (13 heures de cours - ce qui est peu - mais 125 étudiants - ce qui est énorme), j'ai appris le jour avant le début de la session que je devais rajouter un trois heures à mon horaire et enseigner à un groupe de physique II: électricité et magnétisme.
J'ai offert ce cours l'automne dernier, donc le matériel était plus ou moins prêt. Mais je dois quand même corriger des labos, un examen, répondre aux questions des étudiants, mettre à jour la page web du cours... C'est beaucoup de travail, plus que trois heures par semaine!
Et jeudi soir dernier, j'étais à bout de souffle. Et heureusement, la semaine prochaine sera ma dernière semaine d'overtime.
Je me suis embarqué là-dedans volontairement, je commence à avoir hâte de terminer mon overtime. En fait, ces jours-ci, je rêve d'un peu d'undertime.
Ceci était dit, je n'ai pas à me plaindre. Au mois de mai, je terminerai mes cours et serai en vacance jusqu'au mois d'août.
* * *
D'ailleurs, voici quelque chose à ne pas dire lors d'une entrevue pour un poste de prof de Cégep:
Interviewer Pourquoi désirez-vous devenir prof de Cégep? Applicant Je vais vous donner trois raison: Juin, juillet et août. Ha ha ha... Interviewer ... Applicant Oh... et... hum... parce que je veux travailler avec de jeunes adultes... Interviewer D'accord, merci de vous être déplacé. Bonne journée. Applicant Mais... je suis arrivé il y a cinq minutes! L'entrevue ne devait pas en durer trente? Interviewer Oui, mais la vôtre est terminée.
*****L'interviewer appuie sur un gros bouton rouge et une trappe sous le siège de l'applicant s'ouvre soudainement.*****
Applicant Aaaaahhhhhhgggggg!
Plouffffff!
Des cris se font entendre. Les crocodiles et alligators sous les égouts du Collège se font un party avec de la chair humaine comme hors-d'oeuvre. En ce jour de Superbowl, ils ne pouvaient pas demander mieux.
Fin
(Merci à Charles Montgomery Burns pour l'inspiration.)
"Well, that's odd ... I've just robbed a man of his livelihood, and yet I feel strangely empty. Tell you what, Smithers - have him beaten to a pulp."
J'ai appris une bonne nouvelle de carrière la semaine passée: à partir de l'an prochain, le département de physique du Cégep de Saint-Laurent offrira aux étudiants de sciences de la nature un cours d'astrophysique.
Et je suis le prof qui offrira ce cours. Je suis particulièrement content puisque c'est le projet sur lequel je travaille depuis des mois. J'ai planté des graines et maintenant je récolte les fruits.
Et là, le vrai travail va commencer. Je dois écrire un plan de cours. Je dois choisir un ou plusieurs manuels. Je dois trouver des expériences de laboratoire.
Personne dans mon département n'a offert ce cours - il n'a jamais été offert à Saint-Laurent - ce qui veut dire que je dois construire un cours de cinq heures par semaine à partir de rien. J'ai plein d'idées, mais aucune fondation pour l'instant. Il y a présentement un mini-débat à savoir à quelle session sera offert le cours. S'il se donne à l'automne, mon été deviendra soudainement très chargé.
Le cours d'astronomie sera toujours offert aux étudiants de tous les programmes du Collège, sauf ceux de sciences de la nature.
* * *
Est-ce que je peux me permettre de dire que - après trois semaines - j'adore mes groupes cet hiver? Est-ce que je risque de tout gâcher si je l'admets? Le début de session se déroule à merveille.
C'était la première fois que j'allais au hockey avec absolument aucune, mais aucune attente envers le résultat final. J'ai développé un tant soit peu de cynisme envers nos richissimes tricouleurs cette année - tellement en fait que j'ai commencé à croire que mes jours de partisan étaient comptés.
Peut-être suis-je trop vieux pour m'émerver de la sorte envers quelque chose d'aussi superficiel et futile et vide et illusoire et... et... et... que le hockey professionnel?
Les Canucks étaient sur une série impressionnante de victoire; ils ont Roberto Luongo devant le filet et les jumeaux Sedin à l'attaque. De leur côté, les Canadiens semblent incapables de coller deux victoires et leur meilleur buteur vient de se twister le genou (avez-vous vu le vidéo au ralenti? Ça donne des frissons).
Quelles étaient les chances d'une victoire? Environ cosinus de 89,9°...
Anyway, alors je suis avec mon amie au match hier soir. Nous sommes tous deux d'accord que le Céhache était pour se faire démolir.
Le match commence. Je n'ai aucune passion, aucune animosité, aucun stress. Je ressens un gros 'Whatever'. D'habitude au Centre Bell/Molson, je suis sur le bout de mon siège, je crie de joie et de rage à chaque séquence.
Sergei Kostistyn a secoué mon je-m'en-foutisme dès les premières minutes du match.
Et soudainement, alors que Canadien menait 2-1 en deuxième période, je me surprends à crier contre les arbites, à chanter Olé-Olé-Olé, à scander Ha-lak! Ha-lak! Halak!
Je me sentais comme un enfant... avec une carrière, des REERs et des cartes de crédit.
Score final: victoire! Montréal 3, Vancouver 2. Qui l'eut cru?
(La Coupe Stanley de 1986... Je sais que mes étudiants n'étaient pas nés, mais moi, je m'en souviens très bien. Mon père m'avait amené à un match en demi-finale contre les Rangers. Sur cette photo, on voit Bob Gainey à gauche. Il avait été extraordinaire pendant les séries... Que de souvenirs.)
Ma petite nièce me regarde avec des yeux doux et un sourire qui ferait fondre le coeur de n'importe quelle brute. Elle joue avec son pâté chinois depuis déjà quelques minutes.
"Dessert!"
Je regarde son assiette. Elle s'amuse à faire des sourires avec ses patates. "Émilie, si tu ne finis pas ton assiette... pas de dessert."
Elle fronce les sourcils et prend quelques bouchées supplémentaires. Elle a des taches rouges et bleues dans le visage - résultat d'un petit incident avec ses crayons de cire. Émilie s'est amusée à se dessiner le visage pendant que j'aidais ma copine à essuyer un petit 'régurgi' de notre autre nièce de huit mois, Iliana.
(La voici, en train de 'manger' ses céréales)
"Dessert!"
Je prends une cuillère et sépare le reste du pâté chinois en deux. "Émilie, mange cette moitié là avant. Dessert après."
Elle continue de manger en placotant. Je la regarde et lui dit des "Ah oui!" et des "Wow!", mais je ne comprends rien de se qu'elle radote. Je pense qu'elle chante des chansons qu'elle a apprise à la garderie.
Je fais la gardienne au moins une fois à chaque cinq ou six semaines. Ça donne à ma soeur un break de sa routine et ça me permet de voir mes nièces grandir. Je veux qu'elles me connaissent, qu'elles me reconnaissent. Quand elles seront un peu plus vieilles, j'espère pouvoir les amener patiner, marcher en ville, prendre une crème glacée au parc, magasiner des bijoux en plastique chez Ardène...
Je veux être un Tonton cool.
"Phiyip, veux un dessert!"
Phiyip, c'est moi. C'est pas cute ça? J'ouvre le garde-manger et lui sort une bouteille de vinaigre. "Tiens Émilie, v'la ton dessert," je lui dis avec un sourire.
Elle rit. "Non!"
Je lui tends la boîte de buiscuits soda.
Elle rit encore plus. "Nooooon!"
Une canne de pois chiches?
"Noooooooon!"
Des Oréos?
"Ouiiiiiii!"
C'est facile. Avec des enfants, il faut que tout soit un jeu. Même le choix du dessert.
Je suis professeur de physique et d'astronomie au Cégep de Saint-Laurent depuis 2004. J'écris pour me défouler. Je dessine comme un enfant de huit ans. Mon apport à la collectivité est de rendre des gens curieux. Je réussis sporadiquement.