dimanche 5 septembre 2010

Y Avait-il un Pot d'Or à la Place-des-Arts?

En fin d'après-midi, une fin pluie s'est mise à tomber. L'air est devenu glacial. À l'horizon, le soleil était en train de se coucher.

En allant sur ma terrasse, voici ce que je vois:

Ja lâche un cri de surprise. Magnifique. Elle semble commencer à la Place-des-Arts.

Je profite du long weekend.

samedi 4 septembre 2010

Qu'Arrive l'Automne

La semaine s'est terminée en douceur, malgré qu'un vacarme insupportable au deuxième étage du pavillon C ait forcé un changement de local pour mon cours du vendredi matin. J'ai hâte que ces rénovations soient terminées. Ce n'est pas seulement le bruit, mais toute la poussière dans les corridors.

J'ai hâte de retrouver mon Cégep.

La deuxième semaine est donc terminée - il n'en reste que treize. Ce weekend, je vais continuer de refaire mes présentations PowerPoint d'astronomie et de préparer mes notes de cours de physique mécanique.

* * *

Je me suis remis de mes émotions de plutôt cette semaine, quand je suis resté pris dans le tunnel menant à la station Berri-UQÀM avec environ 1000 autres concitoyens. Les cris à glacer la sang sont restés coincés dans ma tête pendant plusieurs heures, mais se sont heureusement dissipés. Je crois que plus je vieillis, plus je suis capable de mettre ce genre d'histoires derrière moi.

Peut-être deviens-je plus cynique avec le temps: des aventures qui m'auraient profondément marqué il y a à peine dix ans semblent m'indifférer de plus en plus.

Peut-être n'est-ce pas de l'indifférence, mais une réalisation que nous ne sommes ici que pour un temps? À 20 ans, je n'avais pas de projets, juste des idées dispersées ici et là. Aujourd'hui, je sais de plus en plus ce que je veux faire de ma vie. Je ne peux pas laisser des évènements - qui sont hors de mon contrôle de toute façon - dérailler mes "plans".

Hier soir, en regardant Jupiter briller comme un bijou dans le ciel, j'ai pris quelques profondes respirations. Alors que je contemplais le Mont-Royal, les lumières du Parc Jeanne-Mance se sont éteintes. Le vent était frais et ma rue silencieuse. Enfin. La canicule est terminée.

J'ai de la chance de pouvoir vivre ainsi. Beaucoup de chance. Je ne le prends guère pour acquis.

jeudi 2 septembre 2010

La Danse de la Pluie

Mercredi matin, je pars vers le Collège très tôt. Habituellement, en quittant la maison vers 6h45, je suis dans mon bureau à 7h15... une demi-heure porte-à-porte.

J'arrive à ma station. Fi-dou-da: "Une porte de train bloquée cause un ralentissement de service sur la ligne orange. Attention, ralentissement de service sur la ligne orange."

"Arrggh, great. Bon, au moins le métro n'est pas arrêté," je me dis. "Ça va être plus long, mais au moins je vais me rendre."

J'étais à la sortie de la station du Collège à 7h50.

Je marche en vitesse vers le Collège. Comme bien des gens, je déteste être pressé. Et il faut croire que je ne suis pas le seul: les voitures sont particulièrement agressives ce matin. Ça se dépasse imprudemment et ça klaxone. Alors que j'attends le droit de passage aux piétons à l'intersection Sainte-Croix et du Collège, j'entends le crissement de pneus et un boom à seulement quelques mètres de moi. Je sursaute.

Une jeune femme au volant vient de rentrer dans le derrière d'une voiture arrêtée à l'intersection. Celle qui vient de se faire rentrer dedans sort de la voiture pour constater les dommages. Ils sont mineurs, mais pas négligeables. Le bumper arrière est craqué. La fautive ne sort même pas de sa voiture, mais descend sa fenêtre pour parler à la victime. Les deux s'engueulent. Je n'entends pas les mots, mais le language corporel en dit long.

La sueur me perle au front. Je m'étais soigneusement déodorisé avant de partir, alors je ne pue pas... encore. Si cette chaleur continue, ça pourrait venir...

J'arrive juste à temps pour mon cours d'astronomie. Il fait chaud. Humide. Les travaux de rénovation dans le corridor sont bruyants. C'est l'enfer. Je ferme la porte, mais les travaux à l'extérieur sont tout aussi irritants. Mes étudiants sont en train de fondre sur leur chaise.

La journée passe. Je prends le métro vers 15h30. "Ahhh, je serai chez-moi, au frais, vers 16h." Le wagon est plein. Heureusement, j'ai une place assise. Tout le monde sue, tout le monde a chaud, tout le monde a hâte de sortir du train. Métro Champs-de-Mars. Je suis presque arrivé.

Soudainement, le train freine brusquement et tous les passagers sont violemment propulsés vers l'avant du wagon. Nous sommes immobiles dans le tunnel. Que se passe-t-il?

On entend des cris à l'extérieur. Y a-t-il du monde sur les rails? Pas moyen de le savoir. On attend. Comble de malheur, les lumières du wagon s'éteignent. Les ventilos aussi. Tout le monde est silencieux.

Et c'est à ce moment que des cris continus et répétitifs à l'extérieur du train nous glacent le sang. Notre train vient de frapper (ou d'écraser) quelqu'un. La température monte rapidement dans le wagon et, après quelques minutes dans le noir bouillant, des agents de sécurité font évacuer le train.

La station Berri est pleine à craquer. Mais la ligne orange ne bougera pas de sitôt.

Est-ce la chaleur qui rend les gens fous?

Je rentre chez-moi et organise une pratique générale de la danse de la pluie.

mardi 31 août 2010

Et si la Craie me Fond dans les Mains?

Je déteste les grosses chaleurs et l'humidité, surtout quand je travaille au Collège. Aujourd'hui devrait être un gros test de ma patience et de mon endurance. J'ai deux cours de trois heures "back to back" de midi à 18h. Si j'arrive à couvrir la matière prévue en moins de temps, je vais les libérer plus tôt. C'est impensable d'espérer que des étudiants seront capables de se concentrer dans une classe bouillante.

C'est aussi impensable que le prof puisse donner une prestation digne de mention à +33°C plus humidex.

Je vais prendre ça cool aujourd'hui. Je vais couvrir la cinématique en une dimension avec mes étudiants de mécanique. Jeudi et vendredi, ce sera la cinématique en 2D.

Bon, où ai-je mis mes culottes isolantes climatisées?

dimanche 29 août 2010

Soirée dans le 450

J'étais au mariage d'un ami hier soir. C'était sur la Rive-Sud, dans un club de golf. Le band jouait des chansons de baby boomers comme Summertime Blues, Twist & Shout et Jailhouse Rock. Les gin-tonic coûtaient $7,50 et il y avait beaucoup de glace dans le verre.

La mariée dansait avec ses filles d'honneur. Le marié distribuait les poignées de mains aux mononcles et embrassait les joues des grosses matantes. Les gens étaient joyeux et riaient fort. La salle était décorée aux couleurs de la robe des filles d'honneur. Même les napkins sur les tables matchaient le reste.

Mon énième gin-tonic en main, je suis sorti à l'arrière du club pour prendre l'air. Enfin, un peu de silence. Pourquoi les mariages sont si... si...?

Je ne sais pas comment terminer cette phrase... Je vais devoir y penser.

J'ai descendu l'escalier menant au terrain et me suis dirigé vers le vert de départ. La banlieue est si silencieuse. Le dernier croissant de lune brillait haut dans le ciel. Jupiter était à ses côtés. Si j'avais eu mon petit télescope cheap, j'aurais essayé de voir Io, Europe, Ganymède et Callisto.

Mais je n'avais pas besoin de les voir. Je pouvais très bien les imaginer.

Les étoiles étaient si belles. Cassiopée ornait le zénith. Je me suis soudainement senti si petit. Dans la mythologie antique, les étoiles étaient associées aux dieux et déesses. Et je comprends pourquoi. Ceux qui ont écrit ces mythes n'y connaissaient rien à l'époque, mais ces points qui brillent dans le ciel sont les futurs ancêtres de civilisations lointaines.

Lointaines dans l'espace et lointaines dans le temps.

En tant que scientifique, je ne peux affirmer que nous ne sommes pas seuls dans l'univers, car nous n'avons pas encore de preuves, de données empiriques claires et irréfutables. Mais c'est statistiquement impensable qu'il puisse y avoir tout cet espace-temps, toutes ces galaxies de plus en plus nombreuses dans nos catalogues... et que cet univers soit inanimé de vie.

Mais s'il y a de la vie extraterrestre, voulons-nous vraiment la rencontrer?

Je prends une gorgée et regarde autour de moi. Toute cette verdure est si artificielle. J'ai essayé de jouer au golf quand j'étais jeune. Ça ne m'a jamais accroché. Les gens étaient snobs et désagréables. Le sport lui-même est frustrant. Je n'en retirais aucun plaisir.

À quelques dizaines de mètres de moi, un mononcle tenait les cheveux d'un ado qui vomissait au pied d'un arbre. Première brosse à un mariage? Il va s'en souvenir longtemps.

Je décide de retourner à l'intérieur. Je vais féliciter les mariés une dernière fois et retourner dans mon univers silencieux.

J'espère que c'était mon dernier mariage avant longtemps.

vendredi 27 août 2010

Pas Facile de Reprendre le Rythme, Surtout Quand On Gagne des Championnats

Je crois que je vais adorer terminer la semaine vers 11h le vendredi matin. Je suis heureux de ma première semaine, mais je suis épuisé. Pas facile de reprendre le rythme.

Ce weekend, je vais continuer de préparer mes présentations Powerpoint pour les prochaines semaines.

Mais d'abord, je vais continuer de célébrer le championnat de mon équipe de Cosom!. Les High Sticks sont les champions de la saison d'été 2010!


Bon weekend tout le monde. Ne manquez pas l'alignement de la lune et de Jupiter. La météo le permettra.

jeudi 26 août 2010

H2O + NaCl ≠ Au

Hier soir, la lune décroissante gibbeuse continuait de s'approcher de Jupiter. Je suis rentré du hockey vers 23h et le spectacle était spectaculaire - même en ville. Je ne peux imaginer à quel point ça devait être beau en campagne.

J'ai rencontré mes troupeaux d'astronomie; 97 étudiants inscrits officiellement, mais il y avait de nombreux absents. Les cours se sont bien passés, même s'ils étaient parfois interrompus par le vacarme de la construction... Considérant que le corridor entier était un chantier poussièreux la semaine dernière, ces messieurs ont quand même fait une job impressionnante. La salle de classe était prête et relativement propre.

J'ai passé un petit questionnaire en astronomie qui comprenait l'énoncé suivant: "Complétez la phrase suivante: Quand je serai grand(e), je vais..."

J'ai eu un plaisir fou à lire les réponses de mes étudiants. Certains étaient brefs et ont répondu quelque chose comme: "Politicien." D'autres se sont laissés aller et m'ont écrit un mini-roman sur leur plan de vie.

C'était fascinant... "je vais être richissîme, avoir six enfants et une grosse cabanne." Ou bien, "je vais inventer une machine qui transforme l'eau salée en or." Euh, ok, pourquoi pas. Leonard da Vinci avait une idée semblable avec le plomb.

Aujourd'hui, je rencontre mes étudiants de physique I pour la deuxième fois. Le cours va commencer pour vrai.